Les enfants de la rue: 1600 cas signalés au cours de l’année 2021

Les enfants de la rue 1600 cas signalés au cours de l’année 2021

Les enfants de la rue  1600 cas signalés au cours de l’année 2021
Selon des rapports des bureaux régionaux des délégués de protection de l’enfance, le nombre de signalements liés à l’abandon des enfants est passé à 1600 cas au cours de l’année 2021, contre 1521 cas en 2020. Les enfants victimes de mendicité et d’exploitation économique a atteint 392 cas en 2021. D’après les rapports des délégués de l’enfance, ce phénomène prend de l’ampleur pendant les vacances, notamment celles de l’été, le mois de Ramadan, les fêtes, dans les marchés, les stations de péage, les zones touristiques, les espaces de commerce parallèle, et les grandes artères.

La ministre de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des personnes âgées, Amel Belhaj Moussa, a annoncé le démarrage des concertations pour la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre les enfants de la rue, sous le signe : « Pour une Tunisie sans enfants en état de mendicité ».

Présidant hier, mardi 20 septembre une séance de travail à ce sujet, en présence de représentants des ministères concernés, de la ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), de l’instance nationale de lutte contre la traite des personnes, outre le délégué général et les délégués régionaux de protection de l’enfance, la ministre a déclaré que « cette réunion préparatoire vise à parfaire la coordination entre les différents intervenants pour traiter la situation des enfants de la rue, selon une approche stratégique et globale ».

La ministre a annoncé « la création d’un comité de réflexion nationale, rassemblant tous les organismes ministériels, les organisations concernées, et les composantes de la société civile, en vue d’unifier et de coordonner les efforts, et de formuler des propositions à même d’être inscrites dans le plan d’action national, pour une Tunisie sans enfants en état de mendicité ». Celui-ci sera mis en place pour faire face à ce phénomène, et s’en prémunir des conséquences négatives sur les enfants et la société dans son ensemble, rapporte, en substance, un communiqué de son département.

« Le temps est venu pour briser le mur de silence ayant entouré ce phénomène pendant des années », a-t-elle souligné.

Belhaj Moussa a ajouté que « la commission va plancher sur l’étude du phénomène des enfants de la rue sous ses différentes facettes, juridique, institutionnelle, sociale, économique, éducative, psychologique, tout en examinant les mesures pratiques à même de l’éradiquer, étant une atteinte aux droits de l’enfant et une menace pour son intérêt suprême ».

Parmi les objectifs de cette stratégie, figure la mise en place d’un plan d’action pour l’intervention dans des gouvernorats prioritaires, à travers le lancement de campagnes nationales pilote visant l’éradication de ce phénomène, en attendant leur généralisation à l’échelle nationale.

Le ministère s’apprête, par ailleurs, à lancer dans les tous prochains jours une plateforme nationale pour la protection de l’enfance. Amel Belhaj Moussa a ajouté que son département est en train « de mener une étude sur les enfants en état de mendicité, partant de sa foi de l’importance de traiter ce phénomène, conformément à une approche scientifique et sociologique, prenant en considération les spécificités de cette catégorie ». Cette approche devra aller de pair avec l’effort national de lutte contre l’échec et l’abandon scolaire, ainsi que contre toutes les formes d’exploitation des enfants, notamment dans le cadre des réseaux de crime organisé. La commission nationale en vue devrait tenir des réunions périodiques bimensuelles pour élaborer le projet de stratégie nationale en la matière, de manière à terminer ses travaux avant la fin de l’année.