Soudan du Sud : malgré les pressions, la paix n’est toujours pas en vue

Soudan du Sud : malgré les pressions, la paix n’est toujours pas en vue

Gouvernement et rebelles ne sont parvenus ce 17 août qu’à un accord de paix partiel. Ils étaient réunis à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour tenter de mettre fin à la guerre civile qui meurtrit le pays depuis un an et demi.


Ce devait être le “jour J pour un accord de paix”, comme l’annonçait le journal sud-africain Daily Maverick. Gouvernement et rebelles, réunis en Ethiopie, avaient jusqu’au 17 août pour parvenir à un accord, sous peine de sanctions internationales. Le conflit entre les deux parties a débuté en 2013, deux ans après la création du pays, quand le président Salva Kiir a limogé son vice-président, Riek Machar, devenu depuis son rival, ouvrant la voie à un an et demi de guerre civile sanglante.

Les discussions ont abouti à la rédaction d’un accord partiel, que le chef des rebelles a signé mais pas le président, estimant qu’il lui fallait deux semaines supplémentaires, rapporte The New York Times.
 

Pas de répit

En attendant le prochain round, l’échec de ces négociations aura des conséquences, comme l’expliquait en amont le Daily Maverick. “La plus évidente, et la plus facile à mettre en place, c’est l’extension des sanctions contre les figures de proue du gouvernement et du mouvement rebelle.” Il s’agirait également de publier le rapport réalisé il y a six mois par une commission de l’Union africaine, dont “des fuites indiquent qu’il pourrait nuire à la crédibilité des deux camps”. Pourtant, “aucune de ces deux options ne représente une menace suffisante” aux yeux des belligérants. “Quant à une option plus musclée – comme une intervention internationale –, elle n’est pas au programme”, car trop coûteuse et trop lourde à gérer.  

Les menaces ont donc peu de poids, regrette le journal. “Pas de répit immédiat pour les 2 millions de déplacés, ni de justice pour les quelque 10 000 morts qu’a faits le conflit.”

The New York Times ajoute que ce pays, le plus jeune au monde, et richement doté en ressources pétrolières, “représente un test crucial pour la coopération entre la Chine et les Etats-Unis dans la région”. La Chine, qui possède d’importantes participations dans les champs pétroliers sud-soudanais, “a déployé un bataillon d’infanterie au sein de la mission de maintien de la paix de l’ONU dans le pays. C’est la première fois qu’elle envoie tout un bataillon dans une opération de l’ONU.”