L'universitaire Sghaïer Zakraoui critique ‘’la lenteur d’action’’ de Kaïs Saïed

L'universitaire Sghaïer Zakraoui critique ‘’la lenteur d’action’’ de Kaïs Saïed

L'universitaire Sghaïer Zakraoui critique ‘’la lenteur d’action’’ de Kaïs Saïed
Le directeur du Département de droit public à la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, Sghaïer Zakraoui, a estimé que ‘’la lenteur d'action’’ du président de la République et ‘’l'incapacité’’ à prendre les décisions et mesures nécessaires au moment opportun ont contribué au retour ‘’du système d'avant le 25 juillet’’, et ‘’de ses dirigeants qui occupent de plus en plus la scène médiatique’’.

Le président Kaïs Saïed, a-t-il ajouté, aurait pu prendre des décisions radicales, telles qu'une rupture totale avec le système constitutionnel et la dissolution du Parlement et du Conseil supérieur de la Magistrature, expliquant que ‘’l'état d'exception le lui permet’’. Le fait qu'il n'ait pas pris les mesures constitutionnelles et légitimes appropriées en temps opportun et qu'il se soit limité à ‘’un discours de menace’’ a contribué au retour du système sur le devant de la scène, a-t-il dit, dimanche 28 novembre 2021.

L'universitaire a affirmé que l'application de l'article 80 de la Constitution est une décision judicieuse surtout face à la crise politique et économique étouffante que traverse le pays. Les mesures annoncées le 25 juillet par le président de la République ne peuvent être qualifiées de ‘’coup d'Etat’’ comme la décrivent certains, a-t-il relevé.

Sghaïer Zakraoui a, toutefois, critiqué la monopolisation du pouvoir par le chef de l'Etat qui ‘’continue de prendre les décisions seul, sans consulter ses partenaires’’.

Il a, dans ce contexte, appelé le président Saïed à fixer un délai pour la cessation de l'état d'exception et d'impliquer les organisations et les partis qui soutiennent les mesures décidées le 25 juillet dernier ainsi que ceux qui n'ont pas participé au pouvoir depuis 2011, l'invitant à ‘’ne pas gâcher l'opportunité qui lui a été offerte de sauver le pays’’.

Il a estimé que cette étape éviterait au chef de l'Etat ‘’le monopole des décisions’’, citant en exemple la lenteur dans la mise en place de la commission qui préparerait les projets d'amendements liés aux réformes politiques, conformément à l'article 22 du décret présidentiel n°117.

Pour Sghaïer Zakraoui, le président de la République devrait également fixer un délai pour les réformes urgentes, à savoir la réforme de la loi électorale et du système politique, notant que ces questions nécessitent de ne pas agir seul et d'impliquer les parties qui le soutiennent.