Droits de l'Homme: les autorités, dans le devoir d'inhumer les corps avec respect

Appel à traiter les corps des immigrés irréguliers avec respect

Appel à traiter les corps des immigrés irréguliers avec respect
Le comité supérieur des droits de l'Homme et des libertés fondamentales a réagi, mercredi 17 juillet 2019, aux informations faisant état du refus de certaines municipalités d'inhumer, dans leurs circonscriptions, des corps d'immigrés irréguliers dans leurs circonscriptions. 

Le Comité a ainsi, appelé les autorités locales à se conformer à leurs obligations juridiques et humanitaires en matière de traitement des corps de victimes de l'immigration irrégulière. 

Dans un communiqué le Comité a convié les autorités régionales représentées par les gouverneurs respectifs, à faire usage de leurs prérogatives pour s'opposer aux décisions des municipalités de ‘’refuser d'inhumer les corps des immigrés pour des raisons religieuses ou dans une fosse commune, privative de dignité humaine’’.

Le Comité a considéré à ce titre que la décentralisation du pouvoir ne décharge pas les communautés locales des responsabilités imparties à l'Etat en matière des droits de l'Homme.

Il a également appelé toutes les autorités à se conformer aux conventions internationales en la matière, soulignant la nécessité de ratifier la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leurs familles, tout en louant l'initiative de la municipalité de Bouchema, gouvernorat de Gabès, qui avait annoncé sa disposition à inhumer les corps des immigrés ayant été récemment repêchés sur les côtes de Djerba, Zarzis et Médenine.

‘’L'enterrement dans des conditions descentes est un droit humain, les autorités sont dans le devoir d'inhumer les corps de façon à ce que leurs identités soient reconnaissables pour que leur proches puissent les identifier et transférer leurs corps dans leurs pays respectifs’’, indique le communiqué.

Le Comité a également appelé à prendre les mesures nécessaires garantissant le prélèvement d'un échantillon ADN des victimes, afin de rendre possible l'identification des corps par leurs proches, au cas où ces derniers y expriment le souhait.