10 ans après la révolution, comment va la Tunisie ?

10 ans après la révolution, comment va la Tunisie ?

10 ans après la révolution, comment va la Tunisie ?
Le site « Tunelyz » spécialisé dans la veille statistique et l’analyse des chiffres revient sur 10 ans de révolution en Tunisie. The Economist, Yale University, Fitch Ratings et Moody's, « Tunelyz » a recueilli plusieurs données pour passer au peigne fin la transition démocratique et économique de la Tunisie une décennie plus tard.

Alors, 10 ans après la révolution, comment va la Tunisie ?

Politique et démocratie, où en sommes-nous ?

Au volet politique, la Tunisie a connu une période post-révolution mouvementée. La classe politique, fragmentée a vu en dix ans, neuf gouvernements, qui selon l'Institut Transnational, (un think tank basé à Amsterdam), « ont peiné à équilibrer les intérêts de l'élite traditionnelle avec ceux de la population défavorisée ».

Selon « The Economist », la pluralité politique, les processus électoraux et le bon fonctionnement des appareils de l'Etat, ont propulsé la Tunisie à la 53ème place mondiale, se plaçant parmi les premiers dans le monde arabe et seconds à l'échelle continentale, (derrière l'Afrique du Sud). La démocratie est désormais quant à elle un acquis avec un score de 6,72 sur 10.

Economie : ancien régime ou post-révolution, quelle est la Tunisie la plus prolifique ?

Hausse des prix, baisse du dinars, chômage, grèves et manifestations qui s’enchaînent, « Fitch Ratings » et « Moody’s » dressent un bilan négatif de l’économie tunisienne :

https ://www.fitchratings.com/research/sovereigns/fitch-revises-tunisia-outlook-to-negative-affirms-at-b-23-11-2020

https ://www.moodys.com/research/Moodys-confirms-Tunisias-B2-rating-changes-outlook-to-negative—PR_431419

En plus des difficultés économiques qui secouent le pays, la crise du coronavirus n’a pas amélioré la donne, mais un des événements économiques les plus marquant en ces dix ans, reste l’importante baisse de production de phosphate.

Entravée principalement par de multiples manifestations, la Tunisie a perdu son titre de grand producteur mondial, détrônée par le Maroc, et étant même contrainte d’importer de l’Algérie.

Un sujet traité par la journaliste économique d’IlBoursa, Myriem Ben Yahia :

https ://www.ilboursa.com/marches/autrefois-grand-producteur-mondial-de-phosphate-la-tunisie-se-ravitaille-aupres-de-l-algerie_24285

Le tourisme, pilier de l’économie, doit quant à lui son agonie à la pandémie qui a déjà ébranlé par des attentats meurtriers en 2015, une chute qui a couté des dizaines de milliers d’emplois.

Corruption, un fléau à la peau dure ?

La corruption fait aujourd’hui encore partie du quotidien des tunisiens et selon « Transparency International », la Tunisie se positionne à la 74ème position à l’échelle mondiale, une place peu flatteuse.  

Néanmoins, on peut souligner que 10 ans plus tard, la corruption est plus que jamais dans le viseur de la justice, notamment avec la création de l’Instance nationale de lutte contre la corruption (INLUCC) en 2011, certains parlent même de la fin de la culture l’impunité, bien que le pays du jasmin ne se soit toujours pas débarrassé de ces maux.

Comment s’agence la transition d’une presse libre ?

Il est également important de souligner à cette occasion, la liberté d’expression et de la presse, des principes fondamentaux des systèmes démocratiques, parmi les acquis les plus important de la révolution du jasmin, qui après des années de censure et de long combat mené par les journalistes et citoyens tunisiens ont payés malgré certaines lacunes.

Il est à noter que selon Reporters sans frontières (RSF) la Tunisie se positionne à la 72ème place dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2020.

Pour comprendre cette avancée, nous devons replonger dans la réminiscence de l’époque « Ammar 404 », époque où les bloggeurs étaient considérés comme factieux, Internet représentait un outil dangereux et une menace pour la stabilité et l’image du pays et soumis à une censure pernicieuse.

On parle donc aujourd’hui, comparé aux événements précédents, d’un grand pas pour la Tunisie, espérant que le meilleur reste encore à venir.

Environnement, une Tunisie pas si verte que ça :

Alors que notre planète bleue est au plus mal, l’environnement n’a pas été et n’est toujours pas une priorité pour la Tunisie, qui se positionne à la 71ème place mondiale avec un score au-dessous de la moyenne (46.7 sur 100) établi par « Yale University » en 2020.

Un bilan mitigé au bout de dix ans :

Beaucoup de chamboulements, positifs ou négatifs, le chemin à parcourir vers la stabilité reste encore long. Sur un tableau dominé par le rouge, on peut néanmoins retenir deux choses positives qui se sont fortement améliorés et ont évolué, à savoir les libertés digitales et les droits de l’enfant. Bien que cette transition de régimes ne soit pas la plus diligente, cette journée restera le symbole, malgré ses conséquences, de la témérité des citoyens tunisiens.