Merkel a peur que la Libye devienne une ‘’nouvelle Syrie’’

L’Allemagne a discrètement joué un rôle important dans le conflit libyen

L’Allemagne a discrètement joué un rôle important dans le conflit libyen

Ces derniers mois, le vieux débat sur les responsabilités de l'Allemagne en matière de politique étrangère s'est intensifié dans les capitales européennes. Dans un contexte de divisions croissantes au sein de l'Union européenne, l'impuissance des États membres à réagir à l'incursion militaire turque dans le nord de la Syrie a alimenté le débat. Annegret Kramp-Karrenbauer, dirigeante de l'Union démocrate-chrétienne, qui a été critiquée pour son leadership prétendument inefficace, a présenté un plan irréaliste visant à établir une zone de sécurité qui serait protégée par les troupes européennes. Le ministre des Affaires étrangères Heiko Maas a été mécontent de cette proposition, mais n’a proposé aucune approche alternative pour l’avenir de la Syrie. Néanmoins, l'Allemagne a discrètement joué un rôle important dans un autre conflit dans la région, celui de la Libye.
Le gouvernement allemand est largement considéré comme l'arbitre parfait dans le conflit, compte tenu de sa neutralité, de ses bonnes relations avec toutes les parties impliquées, de son statut de principal bailleur de fonds des efforts de stabilisation en Libye et de son importance dans la politique européenne. Pourtant, l’Allemagne a du pain sur la planche, notamment à cause des actes de son plus proche allié, la France.
L’envoyé spécial des Nations unies, Ghassan Salamé, a décidé de solliciter l'aide de l'Allemagne dans le cadre des discussions sur la résolution du conflit.
Il est remarquable que Merkel, généralement réticente, ait accepté de prendre l’initiative. On suppose généralement qu'elle était véritablement inquiète que la Libye devienne et qu’elle avait peur que la Libye devienne  une ‘’nouvelle Syrie’’. Ses efforts ont été à l’opposé des précédents sommets européens sur la Libye, organisés par Macron et autres, qui se sont contentés de quelques séances de photo qui n’ont guère atténué les tensions en Libye.
Merkel reconnaît probablement qu'il faudra un règlement politique en Libye pour que l'Allemagne ait un partenaire efficace avec lequel elle puisse travailler sur les questions de migration.
Jusqu'à présent, l'initiative de Berlin a consisté en une série de réunions entre hauts fonctionnaires, mais n'a pas encore fixé de date pour une conférence plénière. Cela pourrait bientôt changer si les toutes les parties peuvent se mettre d'accord sur le principe d'une trêve.