Donald Trump, la bête noire des réseaux sociaux

Donald Trump, la bête noire des réseaux sociaux

Donald Trump, la bête noire des réseaux sociaux
Après Facebook, Instagram, Twitter, Snapchat, c’est au tour de YouTube de bannir le président sortant américain Donald Trump, qui a suspendu temporairement hier, mardi 12 janvier 2021, la chaîne du président qui comptait 2,77 millions d'abonnés pour une période de 7 jours.

YouTube a également supprimé une vidéo pour « motif de violation de sa politique luttant contre l'incitation à la violence » et a déclaré dans un communiqué : « Compte tenu des inquiétudes à propos de l'actuel risque de violence, nous avons supprimé le nouveau contenu mis en ligne sur la chaîne de Donald J. Trump pour violation de nos politiques ». La plateforme a également annoncé qu'elle désactiverait indéfiniment les commentaires sur la chaîne de Trump pour des raisons de sécurité.

La purge virtuelle se poursuit donc pour Donald Trump.

D’homme d’affaires controversé à Président des Etats-Unis, de la télé-réalité aux discours officiels diffusés sur la Fox News, Donald Trump reflète « the american dream », un pays où tout est possible, et où vous pouvez y devenir qui vous voulez. Mais comment un personnage si contesté et controversé a pu être élu à la tête d’une des plus grandes puissances du monde, sans aucune expérience politique et avec un train de retard dans les sondages ? Malgré tous ces obstacles Donald Trump a pourtant réussi à l'emporter dans la course à la Maison-Blanche. C’est bien simple, le secret pour passer de la Trump Tower à la maison blanche, c’est : le marketing politique et les réseaux sociaux.

Le 8 novembre 2016, l’Amérique et le reste du monde se retrouve (inquiets et impatients) devant écrans télévisés et téléphoniques, qui de Hillary Clinton ou de Donald Trump sera le 45ème président des Etats-Unis ? Si le suspense était ce jour-là à son comble il faut savoir que tout a commencé bien avant ce 8 novembre. Des mois et des mois de combats ont passé, pour conquérir le cœur des citoyens, et cela sest joué à coup de milliards de dollars en publicité, sur les télévisions comme les réseaux sociaux. Aujourd’hui banni de plusieurs réseaux sociaux, il faut savoir que fut un temps ils étaient le meilleur allié de l’homme politique.

Car faire de beaux discours poignants ne suffit plus, pour gagner la bataille de l’opinion publique, Donald Trump a fait appel à « des entreprises spécialisées dans le marketing électoral » qui ont eu pour rôle de collecter des informations et les traiter pour adresser des messages ciblés aux électeurs.

C’est là qu’est intervenu le rôle des réseaux sociaux :

Facebook qui a bien fait parlé de lui et de sa polémique des datas, a en effet, joué un rôle crucial dans ce ciblage électoral de Trump avec le « Projet Alamo » qui diffusait une moyenne d’une dizaine de publicités par jour, déclinées en dizaines de milliers de variations différentes, couleur, design, texte, en fonction des groupes d’électeurs potentiels visés, de leur âge et sexe.

Tout comme YouTube, le réseau social de Mark Zuckerberg a effectivement fourni à l’équipe de Trump des employés pour l’aider à mieux comprendre la manière dont les publicités ciblées fonctionnaient.

Aujourd’hui, ces applications tournent le dos à Donald Trump :

Twitter, qui en plus d’avoir banni Donald Trump, a suspendu de façon permanente 70 000 comptes affiliés « QAnon », (une mouvance complotiste pro-Trump).

Apple puis Google ont retiré le réseau social « Parler », prisé des partisans de Donald Trump, de leurs plateformes de téléchargement d'applications.

La semaine dernière, Facebook a suspendu les comptes Facebook et Instagram de Donald Trump à la suite de la violente invasion du Capitole américain et le patron de Facebook lui-même, Mark Zuckerberg, a pris la parole pour affirmer que le président américain avait utilisé la plateforme pour inciter à la violence, et qu'il pourrait continuer à le faire.

D'autres réseaux sociaux comme Snapchat et Twitch ont également suspendu le compte du président.

Connu pour ses nombreuses publications insolites où il ne mâche pas ses mots, l'apocalypse numérique s'est abattue sur Donald Trump et ses partisans, marquant ainsi (peut-être) le début d’une nouvelle ère électronique et politique où le contrôle sur les contenus diffusant la haine, la violence, voire le mensonge prend enfin place.