Chine : Près de 400 centres de détention secrets de minorités musulmanes

Chine : Près de 400 centres de détention secrets de minorités musulmanes

Chine : Près de 400 centres de détention secrets de minorités musulmanes
Selon une enquête d’un organisme public de réflexion, l’institut de recherche australien de stratégie politique (ASPI), publiée hier, jeudi 24 septembre, la Chine compte près de 380 centres de détentions présumées au Xinjiang, en Chine, un réseau qui s’est étoffé avec le renforcement de la politique de sécurité. Les organisations de défense des droits de l’homme comptent plus d’un million de personnes de confessions musulmanes, internées dans des camps.
C’est un cabinet de recherche basé à Canberra et créé par le gouvernement australien, qui dit avoir identifié grâce à des images satellites, des témoignages, des documents officiels, des articles de presse et des appels d’offres publics dans le secteur du BTP ces lieux de détention présumés. 
Le chercheur de l’Institut australien de stratégie politique, Nathan Ruser, a écrit dans un rapport publié hier soir : « Les preuves disponibles suggèrent que de nombreux détenus extrajudiciaires du vaste réseau de « rééducation » du Xinjiang sont maintenant officiellement inculpés et enfermés dans des installations de sécurité plus élevée, y compris des prisons récemment construites agrandies, ou envoyés dans des complexes d’usine emmurés pour des affectations de travail forcé. »
Les chercheurs présentent ces établissements, qui auraient des fonctions et des tailles parfois différentes, comme des « camps de rééducation », des « centres de détention » ou encore des « prisons ». 
L’enquête révèle que des minorités majoritairement musulmanes de la région du Xinjiang ont subi des stérilisations et des avortements forcés et, ces derniers mois, d’autres ont reçu l’ordre de boire des médicaments traditionnels chinois pour lutter contre le coronavirus.
Un rapport publié aujourd’hui, vendredi 25 septembre 2020, par le même institut révèle que la Chine a détruit environ 16 000 mosquées à Xinjiang ces dernières années dans cette région à majorité musulmane.
L’étude de l’ASPI a été financée en partie par des subventions du département d’Etat américain, précise l’institut de recherche. Washington est en première ligne pour dénoncer la politique chinoise au Xinjiang. La Chambre des représentants des Etats-Unis a par ailleurs adopté mardi un projet de loi visant à interdire la plupart des importations en provenance de cette région, afin de bloquer l’importation de produits issus, selon eux, du « travail forcé » des Ouïghours.
La Chine quant à elle, dément ces informations et affirme qu’il s’agit de « centres de formation professionnelle », destinés à aider la population à trouver un emploi et ainsi l’éloigner de l’extrémisme religieux. Le président du gouvernement régional, Shohrat Zakir, a été cité déclarant que les rapports des médias étrangers concernant 1 ou 2 millions de personnes fréquentant ces centres avaient été fabriqués.
« Ce rapport n'est que rumeur et calomnie », a réagi lors d'un point presse régulier, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, dénonçant « l'absence de crédibilité » du cabinet de recherche et « ses financements venus de l'étranger ».