Algérie : Le journaliste Khaled Drareni condamné à trois ans de prison ferme

Algérie : Le journaliste Khaled Drareni condamné à trois ans de prison ferme

Algérie : Le journaliste Khaled Drareni condamné à trois ans de prison ferme
Un avocat du collectif de défense, Me Nouredine Benissad, a annoncé que le journaliste algérien Khaled Drareni, en détention provisoire depuis fin mars, a été condamné, aujourd’hui, lundi 10 août, à trois ans de prison ferme.

Lors de son procès par visioconférence, au cours duquel il est apparu amaigri, Khaled Drareni, avait rejeté les accusations portées contre lui et a assuré n'avoir fait que son « travail en tant que journaliste indépendant » et avoir exercé « son droit d'informer ».

L'avocat, également président de la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADH) a déclaré à ce sujet « C'est un verdict très lourd pour Khaled Drareni. Trois ans ferme. On est surpris. Le dossier est vide »

Incarcéré depuis le 29 mars au centre pénitentiaire de Kolea, près d'Alger, le journaliste, directeur du site d'information en ligne Casbah Tribune, mais aussi correspondant en Algérie pour la chaîne de télévision française Tv5 Monde et pour l'ONG Reporters sans frontières (RSF), Khaled Drareni était accusé « d'incitation à attroupement non armé » et « d'atteinte à l'unité nationale ».

Ces accusations ont eu lieu après que le journaliste ait couvert, le 7 mars à Alger une manifestation du « Hirak », le soulèvement populaire qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa suspension il y a quelques mois en raison de la pandémie de Covid-19.

Mais au cours de l'audience, il lui a également été reproché d'avoir critiqué sur Facebook le système politique et d'avoir publié le communiqué d'une coalition de partis politiques en faveur d'une grève générale.

Sous le coup des mêmes chefs d'accusation, les deux coaccusés de Khaled Drareni, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, deux figures du mouvement de contestation anti régime, ont quant à eux écopé chacun de deux ans de prison, dont quatre mois ferme.

Pour rappel, l'Algérie figure à la 146ème place sur 180, du classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF. Elle a perdu cinq places par rapport à 2019 (141e) et 27 par rapport à 2015 (119e).