Facebook, la chute d’un empire ?

Facebook, la chute d’un empire ?

Facebook, la chute d’un empire ?
Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a perdu près de 7,2 milliards de dollars en une journée, après que plusieurs entreprises ont décidé de ne plus investir dans le réseau social pour y faire leur publicité. Les actions de la société ont donc chuté le 26 juin de 8,3%.

De grandes marques ont-elles réussi là où avaient échoué de nombreux gouvernements ? Ces derniers jours, plusieurs grandes entreprises ont suspendu leurs budgets publicitaires sur le réseau social Facebook pour l'obliger à mieux lutter contre les propos racistes ou haineux.

Cette mesure a fait chuter la fortune de Mark Zuckerberg à 82,3 milliards de dollars, selon le « Bloomberg Billionaires Index », et fait passer le PDG de Facebook à la quatrième place sur la liste des personnes les plus riches du monde, derrière Bernard Arnault, Jeff Bezos et Bill Gates.

Plusieurs sociétés ont suspendu la diffusion de leurs spots publicitaires sur le réseau social, jugeant que Facebook n'avait pas suffisamment contrôlé les discours haineux et la désinformation sur la plateforme dans le cadre de la vague de manifestations qui déferle sur de nombreuses villes.

La semaine dernière, des associations américaines de défense des droits civils, dont la très puissante Association nationale pour la promotion des gens de couleurs (la National Association for the Advancement of colored people, ou NAACP), ont appelé les entreprises à ne pas faire de publicité sur Facebook pendant un mois.

Cette campagne de boycott, baptisée « Stop hate for profit », « Non à la haine pour les profits », pointe du doigt les 70 milliards de revenus publicitaires engrangés par Facebook. Ces associations ont renouvelé leurs inquiétudes sur les maigres efforts faits par le géant pour bloquer les contenus racistes ou incitant à la violence.

Un géant du marché de l’agroalimentaire, Coca-Cola, qui investit d’importantes sommes dans la publicité, a annoncé ce 26 juin qu'il suspendrait pendant au moins 30 jours toute promotion sur tous les réseaux sociaux parce qu'«il n'y a pas de place pour le racisme».

Le géant américain des télécoms Verizon et le spécialiste californien des vêtements techniques Patagonia ont répondu à l'appel de « Stop hate for profit ». Le mouvement a été rapidement relayé par l'humoriste Sacha Baron Cohen, qui a appelé d'autres entreprises à faire de même.

Unilever a annoncé interrompre ses campagnes publicitaires sur Facebook, Twitter et Instagram aux Etats-Unis jusqu'à la fin de l'année au moins.

Des milliards sont en jeu dans cette affaire, Coca-Cola a dépensé en 2019 4,24 Mds$ en publicité, dont un quart sur le numérique. Deuxième plus gros annonceur au monde après Procter & Gamble, Unilever dépense chaque année 7,7 milliards pour promouvoir ses produits et les réseaux sociaux consomment plus d'un quart de la part de ce budget dédiée aux supports digitaux. 

Après les annonces d'Unilever et Coca-Cola, la cotation chute en trois jours de 14 % et de près de 56 milliards pour l'entreprise. Rien que pour Mark Zuckerberg, la 8ème fortune mondiale selon le classement Forbes de l'année dernière, ce sont près de 7 de ses milliards qui se sont ainsi envolés.

Mark Zuckerberg a répondu qu’il comptait renforcer sa politique de contrôle des publications discriminatoires. Désormais, la plateforme retirera les publicités qui affirment que les personnes de certaines origines, ethnies, nationalités, genre ou orientation sexuelle représentent une menace pour la sécurité ou la santé des autres. Le réseau social pourra aussi ajouter des avertissements aux publications problématiques mais conservées pour la bonne information de tous.

Nous rappelons que ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le réseau social est ciblé : depuis qu'a éclaté en 2018 le scandale des campagnes de manipulation de l'opinion publique pour l'élection américaine de 2016, la politique de laisser-faire de la plateforme aux deux milliards d'utilisateurs dans le monde est régulièrement pointée du doigt.