Standard & Poor's : L’instabilité politique de la Tunisie imposera des défis financiers majeurs

Standard & Poor's : L’instabilité politique de la Tunisie imposera des défis financiers majeurs

Standard & Poor's : L’instabilité politique de la Tunisie imposera des défis financiers majeurs
Une des quatre principales sociétés de notation financière, avec Moody's et Fitch Ratings, « Standard & Poor's », une filiale qui publie des analyses financières sur des actions et des obligations vient de dévoiler son dernier rapport sur la situation financière des pays du MENA.

« Standard & Poor's » a consacré une partie importante de son rapport à une analyse approfondie de la situation en Tunisie.

Le rapport souligne que les récents troubles politiques ont créé une situation incertaine. D’après les estimations de « Standard & Poor's » se basant sur les données du Fonds monétaire international (FMI), la Tunisie est susceptible de connaître la reprise de croissance la plus lente parmi les pays du MENA. Cette baisse intervient après que le taux de croissance soit tombé à 8,6 l'année dernière.

L’agence explique que les mesures prises le 25 juillet par le président de la République, Kais Saïed et l’absence de nouvelles décisions depuis, affecteront le pays, non seulement dans un point de vue social mais également financier en touchant en particulier l’activité des banques tunisiennes.

Cette l'instabilité politique actuelle compromet la conclusion d'un accord avec le Fonds monétaire international et impose des défis financiers importants au pays.

« Standard & Poor's » a également évoqué la crise sanitaire a aggravé les problèmes de la situation sociale et économique en Tunisie déjà fragiles, notamment après une décennie de non mise en œuvre de réformes structurelles et de niveaux record croissance faible.

Selon le rapport, l'économie tunisienne devrait connaître un retour très lent aux niveaux d'avant la pandémie.

« On ne s'attend pas à ce que ce niveau de croissance soit suffisant pour faire face aux taux de chômage élevés et à la détérioration du niveau de vie dans le pays, ce qui pourrait conduire à un regain de tension sociale. », souligne le rapport.

L'agence a estimé que le déficit budgétaire élevé a rendu la dette publique insoutenable et que la dette devrait augmenter sous la forme de non-transaction et de dépendance vis-à-vis des institutions financières créancières multilatérales.

Les banques tunisiennes seront confrontées à une situation macroéconomique et opérationnelle plus difficile avec un soutien financier limité et des risques croissants, en plus de la possibilité d'une baisse de leurs revenus en général, soulignant qu'elles opèrent dans un environnement hautement concurrentiel.

L'agence souligne que la restructuration actuelle du système bancaire se caractérise par une concurrence intense au niveau des marges excédentaires et des commissions supportées par les clients, d'autant plus que les banques cherchent à traiter avec des clients qui ont la capacité de rembourser leurs dettes et remplir leurs obligations envers eux.

« Standard & Poor's » estime que cette crise financière a touché la quasi-totalité des secteurs en Tunisie : commerce de détail, tourisme, immobilier et certains secteurs d'exportation sont confrontés à des difficultés, notant que cela affectera à terme leur rentabilité et leur capital.