Ridha Chkondali : « La Tunisie doit annoncer une feuille de route claire pour ouvrir de nouveaux horizons financiers internationaux »

Ridha Chkondali : « La Tunisie doit annoncer une feuille de route claire pour ouvrir de nouveaux horizons financiers internationaux »

Ridha Chkondali : « La Tunisie doit annoncer une feuille de route claire pour ouvrir de nouveaux horizons financiers internationaux »
L'économiste Ridha Chkondali, a déclaré aujourd’hui, mercredi 13 octobre 2021, que la Tunisie devra dévoiler le plus tôt possible une feuille de route claire, d'autant plus que les institutions internationales s'apprêtent à annoncer à la fin du mois en cours, leurs rapports.

Il a estimé que leurs évaluations ouvriront de nouveaux horizons financiers internationaux, en cas d'amélioration ou de maintien de la note souveraine du pays.

« Le travail des principales agences de notation ; à savoir Moody's, Standard &Poor's et Fitch Ratings qui observent de prêt le développement de la situation politique en Tunisie, prend en considération le volet politique et se base sur des données scientifiques pour évaluer et classer les pays », a expliqué l'expert.

« La position exprimée par Kaïs Saïed, lors de la cérémonie de prestation de serrement du gouvernement de Najla Bouden, et qui concerne la relation entre la Tunisie et ces agences de notation et les bailleurs de fonds a suscité l'étonnement au sein des spécialistes en économie. », a-t-il déclaré.

« Le chef de l'état a déclaré que les agences de notation ne peuvent pas nous accorder des notes comme elles veulent, nous ne sommes pas leur élève et elles ne sont pas notre enseignant », a rappelé Chkondali .

Pour l'expert, la position du chef de l'état pourrait être basée sur la nature des relations dominées par le volet financier qui a lié ces agences aux différents gouvernements post-révolution.

« Les deux parties n'ont pas tenu compte des politiques économiques », a indiqué Chkondali, estimant que les propos de Saïed concernant la nécessité de changer l'approche de classement souverain des agences internationales de notation, ne se basent sur aucun principe scientifique.

D'après lui, la Tunisie a besoin d'améliorer ses indicateurs, au lieu de s'engager dans des questions de méthodologie inutiles qui pourrait refléter l'incapacité du pays à améliorer ses indicateurs financiers et économiques.

« Le Président de la République doit œuvrer à fixer un délai pour les mesures exceptionnelles et à dévoiler une feuille de route claire pour la période d'après », a-t-il dit.

Sur le plan économique et financier, Chkondali a incité le gouvernement Bouden à ouvrir un dialogue économique et social avec toutes les parties politiques et sociales, ainsi qu'avec les jeunes afin de parvenir à un programme détaillé pour convaincre le Fonds monétaire international (FMI) de relancer les négociations.

Et d'ajouter que ces négociations permettront à la Tunisie de préparer le budget de l'État pour l'année 2022 dans des conditions favorables (en termes de financement extérieur et direct).

A court terme, le Gouvernement Bouden doit parvenir à décrypter la difficile équation qui caractérise le budget de l'Etat pour l'année 2021. Il s'agit de combler le trou financier sans provoquer une hausse vertigineuse des prix, d'autant que les solutions financières semblent limitées.

Pour Chkandali, le gouvernement Bouden n'a plus d'autre choix que de recourir à un financement direct de la Banque centrale pour boucler le budget de 2021, estimant qu'il est difficile actuellement de sortir sur les marchés internationaux et de relancer les négociations avec le Fonds Monétaire International, vu que le processus dure cinq mois. Néanmoins, a-t-il souligné, ce financement direct ne doit en aucun cas impacter le pouvoir d'achat des citoyens.