Pourquoi le nombre de millionnaires a augmenté pendant la pandémie ?

Pourquoi le nombre de millionnaires a augmenté pendant la pandémie ?

Pourquoi le nombre de millionnaires a augmenté pendant la pandémie ?
Dans son élan destructeur, le covid ne s’est pas contenté d’emporter des milliers de vies, mais a fortement impacté l’économie de chaque pays, n’épargnant personne... ou presque.

D’après une enquête menée par la société de conseil financier « Credit Suisse », en 2020, alors que la pandémie battait de son plein, le nombre de millionnaires dans le monde a augmenté de 5,2 millions de personnes, ce qui signifie, qu’à l’époque, environ 1 % des adultes dans le monde sont devenus millionnaires pour la première fois.

Aujourd’hui, le nombre de millionnaires dépasse désormais 56 millions dans le monde, mais comment ces nouveaux riches ont pu faire décoller leur fortune et comment les millionnaires ont continué de s’enrichir alors que la crise bat de son plein dans le monde entier ?

La flambée pandémique aggrave les défaillances économiques, mythe ou réalité ?

La crise économique liée à la pandémie de Covid-19 est loin d’être un mythe et porte même un nom « Grand Confinement », un terme inventé le 14 avril 2020 par Gita Gopinath, économiste au FMI, pour qualifier cette crise de façon similaire à la Grande Dépression des années 1930 et de la Grande Récession des années 2010.

Considérée comme inédite dans sa nature et dans sa violence, cette crise économique mondiale, provoquée par la pandémie de Covid-19 et le confinement sanitaire a été décrété dans un grand nombre de pays.

Elle se démarque des crises précédentes car elle touche presque tous les secteurs, y compris dans des pays où l'impact de la pandémie est moins sévère comme le Japon, le Canada ou l'Allemagne, selon le FMI.

Nannette Hechler-Fayd'herbe, responsable des investissements au Credit Suisse, les mesures prises par les gouvernements et les banques centrales pendant la pandémie comme les programmes visant à fournir des ressources aux personnes et aux entreprises les plus durement touchées ou la baisse des taux d'intérêt et ont permis d'éviter une crise mondiale de grande ampleur, grâce à la réduction des taux d'intérêt par les banques centrales.

Mais si le pire a été évité, la dette publique par rapport au PIB a augmenté dans le monde entier de 20% ou plus dans de nombreux pays.

Avec l’apparition du covid, la crise sanitaire devient donc rapidement une crise économique.

On parle de l'effet de deux chocs : un choc d'offre massif et un choc de demande, lui aussi massif.

  • Le choc d'offre se caractérise par une baisse de production liée à l'apparition de contraintes sur l'approvisionnement en consommations intermédiaires, par la mise à l'arrêt d'usines liée au confinement d'une partie de la force de travail, et par la réduction de fourniture de services.

 

  • Le choc de demande se caractérise, selon les pays, par une baisse de la demande extérieure, impliquant une baisse des exportations (par exemple : chute de la demande étrangère pour les produits de luxe, coup d'arrêt au tourisme) ; et par la baisse de la demande domestique, notamment dans les services (transports, hôtellerie-restauration…).

Mais cette analyse et ces faits restent trop globaux, en effet nous parlons dans ces cas de l’économie d’un pays entier, mais pour comprendre notre problématique il faudrait traiter du cas par cas. Selon l'étude, l'accumulation de richesse semble être « totalement déconnectée » des troubles économiques de la pandémie.

Le Boom des richesses

« Credit Suisse » estime que la création de richesse a eu un comportement « complètement distinct » des problèmes économiques de la pandémie, mais pas seulement, la reprise des marchés boursiers et la hausse des prix de l'immobilier ont contribué à accroître la fortune de ces personnes.

Anthony Shorrocks, économiste et auteur du Global Wealth Report indique que « la pandémie a eu un fort impact à court terme sur les marchés mondiaux, mais celui-ci s'est largement inversé à la fin du mois de juin 2020. Non seulement la richesse mondiale s'est maintenue face à ces turbulences, mais elle a même augmenté rapidement au cours du second semestre ».

Selon des chercheurs, la richesse mondiale a augmenté de 7,4% et le nombre de personnes disposant d'une fortune comprise entre 10 000 et 100 000 dollars a triplé depuis le début du siècle, passant de 507 millions à l’an 2000 à 1,7 milliard vers mi 2020.

Ils ont déclaré que la baisse des taux d'emprunt et les programmes d'aide gouvernementale avaient entraîné un « transfert massif » de richesse du secteur public vers le secteur privé.

En 2020, le nombre de particuliers fortunés (ceux dont les actifs investissables dépassent 30 millions de dollars) a augmenté de 24 % dans le monde, le taux de croissance le plus rapide depuis 2003.

La pandémie a joué un grand rôle dans le fossé économique qui se creuse entre les pays

Cette étude souligne également le rôle de la pandémie dans le fossé économique qui continue de se creuser entre les pays mais également entre les personnes d’un même pays.

Anthony Shorrocks a fait savoir que les disparités de richesse entre les adultes ont augmenté en 2020, précisant que si les augmentations des prix des actifs, telles que les hausses des prix des logements, étaient retirées de l'équation, la richesse mondiale des ménages pourrait bien avoir diminué.

D’après un rapport du PNUD intitulé « Atténuer la pauvreté », les pays riches ont dépensé jusqu’à 212 fois plus par habitant que les pays pauvres au titre des aides sociales pour amortir un choc économique.

Dans les 41 pays pour lesquels des données sont disponibles, 80% des personnes (soit 12 des 15 millions de personnes considérées) seraient tombées sous le seuil de pauvreté.

Pour les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, les dépenses d'aide sociale n'ont pas suffi à empêcher une augmentation du nombre de pauvres.

Concernant les pays à faible revenu, elles n'ont pas pu empêcher du tout, les pertes de revenus.

D’après cette étude, cette situation aurait pu être évité, en effet, un revenu de base temporaire aurait pu prévenir le nombre de nouveaux cas d'extrême pauvreté dans le monde, s'il avait été appliqué à tous les ménages pauvres et vulnérables du monde en développement.