Pour quelles raisons Moody's a abaissé la note de souveraineté de la Tunisie ?

Pour quelles raisons Moody's a abaissé la note de souveraineté de la Tunisie ?

Pour quelles raisons Moody's a abaissé la note de souveraineté de la Tunisie ?
L’agence de notation Moody’s a abaissé hier, jeudi 14 octobre, la note de souveraineté de la Tunisie, passant de la note « B3 » à « Caa1 ».

La note « Caa1 » attribuée aux pays appartenant à la catégorie « Risque élevé » dans le non-remboursement de la dette, la Tunisie étant légalement responsable des paiements sur toutes les obligations qui sont émis au nom du gouvernement.

« Il existe un risque que, si un financement important n'est pas assuré, une forte pression sur les liquidités puisse conduire à un défaut de paiement. Ce risque est en partie atténué par la constitution passée d'un volant de réserves de change, qui offre une certaine protection contre les paiements à venir du service de la dette extérieure à court terme », a souligné l’agence.

Dans un communiqué, l’agence Moody’s a expliqué avoir attribué cette note à la Tunisie pour plusieurs raisons.

Premièrement, l’agence de notation a souligné que la Tunisie fait actuellement face à une incertitude persistante concernant les perspectives de réformes budgétaires et économiques structurelles. La crise constitutionnelle résultant du limogeage de Hichem Mechichi et du parlement, l’instauration de l’état d’exception aggravé par l’absence de cour constitutionnelle ont affaiblie la gouvernance, ne permettant pas la mise en œuvre des réformes budgétaires et économiques.

Autre raison, la Tunisie a perdu l’accès aux marchés des capitaux internationaux amplifie les risques relatifs à la liquidité : « La situation des liquidités extérieure et intérieure s'est considérablement resserrée à la suite de la crise constitutionnelle, entraînant une incertitude quant à la capacité du gouvernement à répondre à ses besoins de financement à venir », a fait savoir Moody’s.

Par ailleurs, l’agence a considéré que les estimations du déficit budgétaire de 7,7% du PIB en 2021 et de 5,9% en 2022 impliquaient des besoins d'emprunt d'environ 18% du PIB en 2021 et de 16% en 2022 : « Les données relatives au budget jusqu'en juillet 2021 montrent un taux d'exécution de 30 % pour les emprunts extérieurs », poursuit l’agence.

Les conditions environnementales, sociales et de gouvernance ont également été prises en compte pour attribuer cette note.

Néanmoins, Moody’s s'est dite confiante concernant la capacité de la Tunisie a accéder aux financements officiels et du marché des capitaux à des coûts abordables afin de faire face aux paiements de ses dettes au cours des prochaines années, améliorerait, ainsi, les notations actuelles.

De plus, la mise en œuvre des réformes économiques et fiscales conduira à une stabilisation et à une éventuelle réduction de la dette. Ceci permettra de changer les perspectives de « négatives » à « stables ».