Marouan El Abassi : « L’abaissement de la note souveraine par Moody's est le prix de l’hésitation et du manque de visibilité »

Marouan El Abassi : « L’abaissement de la note souveraine par Moody's est le prix de l’hésitation et du manque de visibilité »

Marouan El Abassi : « L’abaissement de la note souveraine par Moody's est le prix de l’hésitation et du manque de visibilité »
Marouan El Abassi, Gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), a déclaré que « L’abaissement de la note souveraine de la Tunisie de B3 à Caa1 par l’agence Moody's, est la conséquence de l’hésitation et de manque de visibilité sur les plans politique et économique ».

Il a indiqué que l’Institut d’émission suit de très prés l’évolution de la note du pays, affirmant que l’incapacité, jusque-là, de parvenir à un accord avec le FMI a accentué ce manque de visibilité, « bien que nous eussions été proche d’un accord tout juste avant la chute du gouvernement de Fakhfakh ».

Et d’ajouter « j’espère que les choses pourront bouger avec le nouveau gouvernement avec lequel nous sommes déjà en discussion sur un document conforme aux normes du FMI. Si nous arrivons à avoir un accord avec le FMI, le plus tôt possible, je pense que cela nous permettra de faire baisser les tensions et de revenir à une certaine normalité ».

Pour dissiper les doutes des principaux partenaires financiers, le gouverneur pense qu’il faut aussi réussir à boucler le budget 2021 et à avoir une visibilité pour 2022.

« Sur ce plan, des efforts sont en cours pour mobiliser des financements bilatéraux et j’espère qu’on arrivera à avoir ces financements qui permettront de conforter le marché et de commencer l’année 2022 sur des conditions normales ».

Le gouverneur a, également, souligné « qu’avec le FMI, la Tunisie n’est pas dans une logique d’ajustement structurel. Le fonds demande juste que les Tunisiens se mettent d’accord sur un certain nombre de réformes nécessaires, déjà connues depuis un certain temps. »

Interrogé sur les possibles évolutions du taux de change, le gouverneur a indiqué que pour éviter une volatilité du taux de change, il faut revenir à un commerce extérieur beaucoup plus performant, basé sur la compétitivité.

Pour ce faire, El Abassi estime qu’il faut réussir à engager des PPP réussis mais surtout à gérer plus efficacement la question logistique. Ainsi, un changement radical est plus que jamais nécessaire au niveau du port de Radès. Les délais de séjour actuels des conteneurs dans ce port sont inacceptables.