Le président de l’Union des éditeurs tunisiens dresse le bilan d'un secteur en crise

Le président de l’Union des éditeurs tunisiens dresse le bilan d'un secteur en crise

Le président de l’Union des éditeurs tunisiens dresse le bilan d'un secteur en crise
Pour la deuxième année consécutive, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur est célébrée le 23 avril dans une conjoncture sanitaire délicate imposée par la pandémie de la Covid-19.

A cette occasion, le président de l'Union des éditeurs tunisiens (UET), Mohamed Riadh Ben Abderrazak, a donné sa lecture de la situation actuelle du secteur.

Le secteur du livre et de l'édition en Tunisie a en effet subi de très lourdes pertes en raison de la pandémie qui a encore aggravée la situation dans un secteur initialement en crise. Au coût du papier et d'impression, s'ajoutent le manque de circuits de distribution et de promotion du livre.

Dans son évaluation de la situation, le président de l'UET estime que la pandémie du coronavirus a largement amplifié la crise du livre dans le pays. L'éditeur est également, plus que jamais menacé de faire faillite dans un secteur en manque de visibilité, en termes de réseaux de distribution ou de manque, patent, dans les stratégies générales pour encourager le public à la lecture.

En l'absence de statistiques officielles, les pertes des éditeurs sont difficiles à cerner. Cependant, notre interlocuteur donne certains chiffres se rapportant, notamment à la baisse des recettes qui avoisinent le tiers. Selon le président de l'UET, le secteur est " paralysé avec des ventes qui ne dépassent pas les 10%, ce qui constitue un pourcentage bien plus bas que celui enregistré durant les années précédentes ".

En cette conjoncture délicate, aucune aide publique supplémentaire n'est attribuée aux professionnels du livre et de l'édition. Initialement, le secteur souffre d'un manque chronique qui "touche aux circuits de distribution et de promotion du livre tunisien". L'État demeure le premier garant pour "sortir du bout du tunnel dans l'industrie du livre et de l'édition surtout avec le coût assez élevé du papier". Cette lacune s'est encore accentuée avec la crise actuelle si l'on compte le budget alloué à l'acquisition du livre tunisien auprès des bibliothécaires du secteur public. "

Dans les 400 bibliothèques publiques, un nombre limité de livres culturels est distribué avec 150 copies au maximum. " Dans plusieurs pays, la période de confinement a créé de nouvelles habitudes pour les gens cloitrés chez eux qui se sont rapprochés un peu plus du livre et de la lecture. En Tunisie le manque de statistiques fait encore défaut.

De ce fait, il n'est pas évident de se prononcer à ce sujet, estime le patron des éditeurs. Son constat concerne notamment le nombre des lecteurs qui est en évolution permanente durant les dernières années. Ses estimations vont vers un chiffre qui devrait logiquement demeurer stable au niveau du nombre du lectorat. Depuis le début de la crise, explique-t-il, le nombre des livres édités, tous genres confondus, est en chute notable. Mais d'une façon générale, les œuvres littéraires et notamment le livre pour enfant, sont habituellement au top du classement des livres les plus édités.

Malgré la crise, le président des éditeurs tunisiens affiche son optimisme quant l'avenir du livre et des éditeurs. A son avis, la véritable crise est celle de manque de stratégies nationales pour appuyer la dynamique culturelle dans le pays que se soit dans le secteur du livre ou chez le lecteur. Il cite le nombre important des clubs de lecture et les différentes initiatives pour la promotion du livre.

Des séances dédicaces sont souvent organisées dans le cadre de débats publics en présence d'écrivains et de personnalités littéraires imminentes, de Tunisie et d'ailleurs. Il rappelle que depuis l'avènement de la révolution en 2011, le livre tunisien a réussi à conquérir le marché du livre arabe. Plusieurs œuvres littéraires en arabe ou en français, se sont distinguées et certains écrivains sont lauréats de prestigieuses récompenses littéraires d'envergure nationale, régionale ou internationale.