Vaches à lait et moutons de Panurge…

Vaches à lait et moutons de Panurge…

L’un des problèmes qui inquiète les pauvres et les riches c’est la montée des prix dans tous les domaines, à tel point que même les cadres commencent à ressentir le poids de la chute du Dinar.
 


    
La meilleure façon de s’en apercevoir c’est lorsque votre voiture tombe en panne. Acheter des pièces de rechange devient alors un drame, car leur coût a augmenté de manière à peine croyable. Le prix du moindre boulon, filtre ou grosse pièce, a été multiplié par trois ou par quatre et les vendeurs semblent toujours gênés de vous présenter la facture. Ils vont jusqu’à réduire leur marge bénéficiaire pour écouler leur marchandise.


Le même problème se pose chez tous les commerçants : ils ont l’air de s’excuser pour chaque facture trop élevée, alors qu’ils ne sont pas responsables de ces hausses à répétition. Les quincailleries, les magasins d’électroménager ou de décoration sont victimes de hausses vertigineuses qui dissuadent leurs clients, effrayés par de telles dépenses, malgré les promotions rendues nécessaires, voire vitale pour certains articles.


Les grandes surfaces ne sont pas en reste, avec des hausses vertigineuses des denrées quotidiennes, dont les prix augmentent chaque semaine, pour des raisons obscures. C’est le cas notamment des boites de thon qui sont passées de trois à plus de cinq Dinars en très peu de temps. Les biscuits et le lait entier ont augmenté de 30%. Les boites de tomates ont vu leur prix monter en flèche, avec près de 50% d’augmentation.


Quant au petit peuple, cet ensemble de personnes sans ressources et sans défense, qui étaient déjà pauvres avant le glissement du Dinar, ils ne peuvent plus rien acheter. Juste le minimum nécessaire pour ne pas mourir de faim : du pain, du lait demi écrémé quand il y en a, des œufs et des carcasses de poulets que les riches donnent à leurs chiens…


Mais même ceux qui ont un métier et qui gagnent relativement bien leur vie trouvent de plus en plus de difficultés à suivre le rythme des prix. Un électricien ou un plombier sont obligés de doubler leurs prix pour s’en sortir, car quand on n’a pas de revenus fixes, on doit dépenser le minimum d’argent, puisque l’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Les clients, eux, vont souvent réfléchir longuement avant de faire appel à ces artisans.


Le même problème se pose pour les menuisiers, les forgerons ou ceux qui travaillent l’aluminium. Le moindre meuble, la plus simple des portes ou fenêtre revient à des centaines de Dinars, car les prix du bois et du fer sont montés en flèche. Résultat : tous ces artisans se retrouvent au chômage et le commerce des meubles d’occasion s’impose comme ultime solution. C’est l’équivalent de la friperie pour les vêtements neufs, que personne ne peut se payer depuis des années.  


La vie n’était déjà pas facile avant la révolution, mais là on ne s’en sort plus. Pendant ce temps, nos élus achètent de belles villas avec piscine, engrangent des sommes d’argent colossales aux origines inconnues, placent leurs proches dans des postes clés, tentent de se maintenir au pouvoir, le tout sans gêne et sans vergogne.  


Pour eux, les citoyens ne sont que des vaches à lait, des moutons de Panurge, qui votent dans le sens du poil…