Un déséquilibre dangereux...

Un déséquilibre dangereux...

Nos villes sont de plus en plus saturées, avec les innombrables problèmes que cela pose : embouteillages à longueur de journée, montagnes de déchets, files interminables dans toutes les administrations, consommation excessive d’énergie, pollution de l’air…


Cette situation est le résultat d’un grand déséquilibre régional et d’un exode rural qui a commencé il y a plusieurs décennies et qui se poursuit encore de nos jours. Le taux d’urbanisation a ainsi franchit la barre de 70%, avec plus huit millions de habitants qui vivent dans les villes et moins de 30% qui vivotent dans nos campagnes.

L’autre forme de déséquilibre est régionale, puisque près des trois quarts de la population s’entasse sur 10% du territoire, notamment sur les côtes, alors que les régions situées à l’ouest et au sud se vident chaque année un peu plus. Ce déséquilibre régional est encore plus criant lorsque l’on sait que 80% des activités économiques de la Tunisie se concentrent dans les zones côtières.

C'est comme si tous les efforts se concentraient sur les zones facilement accessibles et où l'esprit d'entreprise est déjà assez important. Certains vont même jusqu'à accuser les habitants des zones ouest d'être des fainéants que tous les anciens gouvernements ont tenté d'aider en vain.

Résultat : ce sont les gouvernorats des zones côtières, avec environ 15% de taux de chômage, qui semblent souffrir le moins de ce fléau. Seule une partie du nord-ouest, zone où les échanges avec l'Algérie sont importants, fait exception à cette règle.

Plus au sud, les gouvernorats de Gafsa, Gabès et Kasserine ont un taux de chômage qui tourne autour de 25%. Un chiffre énorme compte tenu de la pauvreté séculaire de ces régions. Il faut dire aussi que la désertification, les problèmes environnementaux et l'exode des élites ont largement contribué à cette situation.

Si on étudie le cas particulier de Tunis, on constate que les quatre gouvernorats qui composent la capitale souffrent de la plus grande densité de population. La majorité de ces habitants sont issus de l'exode rural, souvent sans qualification, se contentant de petits boulots qui ne sont même pas déclarés.

Il y a ces quartiers populaires, cette ceinture rouge autour de la capitale qui est un réservoir sans fin de main d'œuvre pas chère : ouvriers du bâtiment, aides de maison, jardiniers, gardiens, manutentionnaires... Toute une faune qui vivote au lieu de vivre, qui se construit des maisons sur des terrains vagues sans autorisation, qui traficote à tout va et qui constitue une réserve pour les extrémistes de tous bords.

La conclusion que l'on peut tirer de cette situation c'est que la Tunisie n'est pas sortie du déséquilibre régional séculaire. Cette situation dure depuis toujours et personne ne semble lui trouver une solution efficace et définitive. Il est donc urgent de repenser les plans d’aménagement et d’investissement pour résorber ce déséquilibre. Il faut aussi que certains tunisiens apprennent à ne plus jeter leur dévolu sur l'Etat et qu'ils profitent des nombreuses opportunités pour lancer leurs propres projets...

Les prochains responsables qui vont être élus bientôt devraient réfléchir à tous ces problèmes, pour ne pas avoir de gros problèmes !