Plastique tragique…

Plastique tragique…

Envahisseurs silencieux, les sacs en plastique représentent un cruel dilemme : d’un côté ils sont pratiques, légers, résistants et plus tard, utiles comme poubelles.


De l’autre, ils ne sont pas faciles à recycler, rendant souvent les paysages hideux en s’accumulant dans les terrains agricoles, en s’accrochant aux arbres, en s’incrustant dans les clôtures, en formant des ilots en mer, sans qu’aucune solution ne vienne freiner ce phénomène. 

Ces envahisseurs silencieux ont été interdits dans les grandes surfaces qui ont ainsi pu bénéficier d’un bon coup de pouce. Non seulement les supermarchés ne dépensent plus de l’argent pour vous donner des sachets gratuitement, mais en plus ils vous les vendent, en présentant une image écolo !

Mais ils continuent à être distribués dans les souks hebdomadaires, ceux qui s’installent  une fois par semaine sur des terrains vagues, les transformant en  dépotoirs. Une profusion qui souille et qui pollue sur terre et même en haute mer, emportés par de forts coups de vent.

Quant à nos chers concitoyens, la majorité d’entre eux ne connaissent même pas le drame qui se joue à cause de ces sacs en plastiques, ni les problèmes qu’ils provoquent à travers la planète. Ils ne voient que le côté pratique et immédiat : mettre les fruits et légumes dans un sachet et s’en servir ensuite comme poubelle. Pour ce qui est de l’écologie et de la protection de l’environnement, vous repasserez…

Jadis ce problème ne se posait pas chez nous puisque les Tunisiens utilisaient un couffin fabriqué à partir de produits naturels et réutilisable durant de longues années. Aujourd’hui, de nouvelles solutions existent pour cesser cette invasion du plastique, comme les sacs en papier résistant, les sacs en tissus pliables, lavables et réutilisables à souhait…

En plus, il n’y a pas que les sachets qui posent problème : les bouteilles en plastiques, celles de l’eau et des sodas, mais aussi les pots de yaourts, les paquets de jus de fruits, les emballages divers, qui constituent un autre aspect de ce drame écologique rampant. Certes une partie des bouteilles en plastique sont ramassées par des hommes et des femmes qui parcourent les rues de villes pour les ramasser. Mais ce n’est qu’une petite partie des déchets en plastique jetés par milliers dans chaque rue.

Le reste des emballages est emmené dans des décharges publiques où on les débarque sans trop de soins. Ils sont parfois enfouis, mais le plus souvent jetés à ciel ouvert et brûlés, dégageant des odeurs pestilentielles et des gaz toxiques.

Les pouvoirs publics semblent dépassés par ce problème aussi bien chez nous que dans d’autres pays du monde. A part quelques campagnes de nettoyage des plages ou des forêts, les associations qui s’occupent d’écologie ne trouvent pas non plus de solution efficace au drame des déchets plastiques.

Il faudrait penser à lancer une campagne de sensibilisation dans les divers médias afin que nos concitoyens prennent conscience qu’ils doivent changer de comportement, car un trop grand nombre de Tunisiens ne sont pas encore conscients du drame qui se joue dès l’instant où ils jettent un objet en plastique sur une plage ou sur une route. Il est temps de débarrasser le pays de ce poison qui n’est pas biodégradable et qui ne disparaît qu’au bout de plusieurs années…

Sinon nos enfants respireront un air pollué de gaz toxiques, ils mangeront du poisson bourré de plastique et des fruits et légumes pollués par une eau souillée…