Mélancolie…

Mélancolie…

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle en cette saison pour celle qui a cru rencontrer le Grand Amour. Mais ce n’était qu’un amour d’été, qui a été emporté par les premiers orages de l’automne. Elle y avait pourtant cru à cet espoir, à cette belle promesse que la vie lui avait faite. Une promesse qui s’est présentée sous la forme d’un beau jeune homme, travailleur à l’étranger, à Paris, ville des lumières…


Il l’a faite rêver et elle a cru en ses belles paroles comme on croit en l’espoir. Puis il est reparti loin, là-bas, dans un univers qu’elle ne connait pas. Il a emporté les rêves avec lui, la laissant entre quatre murs, prisonnière de sa famille, de ses chimères, de ses illusions… Les lumières de Paris ne l’éclaireront jamais... Elle va continuer à végéter parmi des gens médiocres, sans réaliser ses ambitions.

Les feuilles mortes se ramassent à la pelle cet automne pour cet autre jeune homme… Celles de son amour d’été, qui s’est achevé sur une séparation douloureuse, après des vacances heureuses. Elle a promis de téléphoner, de maintenir le contact. Il a dit « oui » avec la tête et « non » avec le cœur. Il a dessiné sur le sable son doux visage, mais comme dans la chanson de Christophe, son Aline à lui ne reviendra pas. Pour lui, Capri c’est vraiment fini. Adieu jolie Candy.

Les feuilles mortes de cette année seront les dernières que ce vieillard verra se détacher des arbres, pareilles à ces journées qui s’égrènent depuis si longtemps. Depuis trop longtemps. Bientôt c’est sa feuille à lui qui tombera de l’arbre de la vie, pour aller nourrir la terre qui l’a si longtemps nourri.

La mélancolie de cette saison triste va envahir le cœur de cette femme qui a consacré sa vie à sa famille et à ses enfants durant de longues années. Aujourd’hui, ses enfants ont réussi leurs études et obtenu des diplômes, mais ils sont au chômage, incapables de se projeter dans leur avenir, de fonder une famille et de donner à cette femme la joie d’embrasser ses petits enfants…

Le vent a emporté les rêves et les illusions de ce père qui a vu son fils unique partir en Syrie, participer à une guerre qui ne le concerne pas et défendre des idées qui n’ont rien à voir avec l’Islam. Il est mort au combat et il a été enterré sous des tonnes de béton lors d’un raid de l’aviation. Il n’a reçu de lui que quelques photos envoyées par d’autres combattants

Ainsi va la vie : l’automne est la saison de la mélancolie et de la dépression, mais aussi de cette nostalgie exquise, de cette douce tristesse. Un cycle lent, répété à l’identique depuis la nuit des temps et que chaque génération redécouvre avec étonnement, avec bonheur…

Dans quelques mois, de nouvelles feuilles repousseront sur les arbres dénudés et des fleurs viendront redonner des couleurs chatoyantes à la vie. Une vie qui reprendra son cycle éternel en se moquant de la tristesse des hommes et de la mélancolie des femmes…