Le difficile retour aux sources…

Le difficile retour aux sources…

Des centaines de jeunes tunisiens nés à l’étranger retournent au pays durant l’été. Mais ce retour s’accompagne souvent de mille petits soucis sur le plan de l’adaptation et de l’intégration à la vie quotidienne.


Il faut dire que dans la tête des Tunisiens, les travailleurs à l’étranger sont considérés comme des vaches à lait car leurs proches les prennent pour des millionnaires. Ils doivent rapporter des cadeaux à la famille et aux amis, les promener dans leurs belles voitures, payer le restaurant, prêter de l’argent qui ne sera pas remboursé... Et si ces travailleurs ne satisfont pas à toutes ces demandes, leurs proches vont se fâcher tout rouge et ne plus leur parler.

Pour les enfants il y a souvent la barrière de la langue qui les oblige à vivre dans une bulle avec les rares francophones de la famille. Et si d’aventure ils essayent de s’exprimer en arabe, les autres enfants se moquent de leur accent. Ils sont  rejetés et ils se sentent étrangers dans leur pays d’origine.

Et puis il y a les préjugés, car en Tunisie on a encore beaucoup de mal à accepter la différence, alors qu’en France les enfants sont mélangés à partir de leur plus jeune âge avec des africains, des chinois, des français…

Et ce sont bien sûr les  jeunes filles qui souffrent  le plus. Il y a en effet un grand décalage avec ‘’les autochtones’’ au niveau des mentalités. Dans les rues de Tunis, le manque d'éducation et la grossièreté, font qu’une promenade dans la rue ou sur une plage devient vite déprimante.

Les jeunes tTnisiens les considèrent comme des filles faciles, puisqu’elles vivent en Europe, alors qu’en réalité elles ont simplement une mentalité plus ouverte qui consiste notamment à donner des bisous sur les joues des garçons pour les saluer.

Le premier choc passé, elles doivent apprendre à repousser les avances insistantes des jeunes hommes et imposer une image d’elles moins caricaturale. Souvent elles  laissent les shorts et les minijupes au placard, pour porter des tenues moins attirantes pour les regards.

Quant aux jeunes qui décident de s’installer en Tunisie, ils sont confrontés à un grand problème : celui de la langue ce qui fait dire à l’un d’eux : ‘’il n’y a pas d`avenir pour moi ici car je ne parle pas l’arabe’’.  Un jeune homme a passé une année en Tunisie avant de retourner de l’autre côté de la Méditerranée. Son problème c’était bien sûr la langue, mais aussi la difficulté de monter un projet dans le domaine informatique. Ses relations avec les diverses administrations n’ont pas été des plus sereines et en plus on a copié son projet.

La seule qualité que ces jeunes apprécient lors de leur séjour en Tunisie se  résume dans la solidarité familiale à toute épreuve. Malgré les difficultés, les Tunisiens continuent à se soutenir, alors que sous d’autres cieux, les parents se séparent de leurs enfants dès qu’ils atteignent l’âge adulte.

Revenir au pays n’est donc pas chose aisée. Cela demande un apprentissage, une réadaptation avec un changement de mentalité profond. Les tunisiens doivent apprendre à mieux accepter ces jeunes qui sont souvent pleins de bonne volonté et d’amour pour un pays qui reste celui de leurs parents, celui de leurs racines profondes.

Et tout le monde sait que sans racines, on ne peut pas pousser…