Inflation galopante…

Inflation galopante…

Ne vous laissez pas leurrer par les statistiques plus ou moins officielles que l’on découvre chaque jour dans divers médias : les tunisiens n’en peuvent plus de l’inflation galopante qui a saisi le pays ces dernières années, au point que certains en arrivent à espérer l’établissement d’un régime fort, mais honnête, qui leur garantirait le minimum vital.


Ne vous laissez pas non plus mystifier par ces citoyens poussant des chariots remplis de victuailles que l’on rencontre dans les grandes surfaces. Ils ne représentent qu’une infime partie de la population tunisienne. Les autres, l’écrasante majorité, arrive à peine à survivre en se privant de tout et même de l’essentiel : viande, poisson, produits laitiers… Les fruits ou les friandises pour les enfants, on n’en parle même plus, c’est un luxe par les temps qui courent.

De nombreux commerçants continuent à trafiquer les prix et à s’enrichir de façon aussi excessive qu’illégale. Le pire, c’est qu’ils vous arnaquent avec le sourire, ils vous volent en vous assurant que les responsables, c’est les autres, de mystérieux trafiquants que personne ne voit jamais…

Un petit tour dans nos marchés vous démontre très vite que les belles promesses de réduire les prix ne touchent qu’une infime partie des fruits et légumes. Le reste des produits continue cette valse folle qui nous conduit dans le mur. Les responsables ne cessent de donner des chiffres fantaisistes, où ils prétendent que les prix baissent, mais ils ne descendent jamais aux marchés pour voir la réalité en face.

La réalité c’est cette dictature des marchés du gros avec les fameux « Habbata », ces grossistes qui reçoivent les produits agricoles directement des agriculteurs et qui décident des prix selon leur désir, selon leur cupidité. Un agriculteur du sud affirmait récemment qu’il vendait la « Degla » à deux Dinars et que ce même produit se retrouvait à Tunis à neuf Dinars ! Cherchez l’erreur…

Mais il n’y a pas que les prix des fruits et légumes qui flambent, d’autres secteurs ne cessent de voir leurs prix augmenter, sans que l’on s’en aperçoive. C’est le cas des matériaux de construction, des meubles, du bois comme ces palettes qui sont passées de cinq à quinze Dinars.

Il y a le drame de l’explosion des prix  de toutes les pièces de voitures qui sont importées avec des devises et qui doublé puis triplé avec la dégringolade du Dinar. Les ordinateurs, les climatiseurs ou l’électroménager sont en train de subir le même sort, au point que certains renoncent à les acheter.

Et la question que se posent nos concitoyens est toute simple : où va le pays ? Jusqu’à quand va-t-on voir les prix s’envoler et les trafiquants s’enrichir ? Le drame est tel qu’on voit certains retraités chercher du travail, alors que leur santé ne le permet plus. Nos jeunes continuent à se jeter à la mer à bord de ces rafiots de la mort, tant leur désespoir est grand. Les plus démunis fouillent les poubelles à la recherche d’objets à revendre afin de survivre…

Il serait temps que les responsables de ces secteurs arrêtent de nous parler de baisse des prix et de maitrise des coûts. Ils n’ont plus aucune crédibilité, aucune vraisemblance…