Freinez avant de devenir une statistique !

Freinez avant de devenir une statistique !

Devant la montée vertigineuse des prix de la bière, du vin et des alcools, un grand nombre de Tunisiens ne peuvent plus se permettre d’aller étancher leur soif dans les bars de la ville et encore moins dans les hôtels, comme cela se faisait il y a quelques années.


Ils ont alors trouvé une solution à ce problème en transformant les hauteurs du parc du Belvédère en une sorte de ‘’open bar’’ en pleine nature… Tous les après-midi, des centaines de voitures chargées de boissons et de victuailles occupent les rues ombragées de ce parc pour boire entre amis, en faisant des commentaires plus ou moins pertinents sur l’actualité.

Il faut dire que le lieu offre bien des avantages. D’abord l’air que l’on respire ici est beaucoup plus sain que celui des bars de jadis surpeuplés et pollués par les cigarettes des fumeurs invétérés de l’époque. Ensuite, il y a moins de bruit, puisque le fond sonore est constitué par le vent doux qui travers les branches des arbres et le chant mélodieux des oiseaux.

Ailleurs, dans les quartiers populaires, c’est le soir que des jeunes et des moins jeunes s’installent dans des coins ou dans des carcasses de voitures abandonnées pour boire, chanter et danser sur des airs de Mézoued jusque tard dans la nuit. C’est devenu une tradition, un rite même.

Sauf que cela ne se passe pas toujours bien, car il y a toujours dans ces quartiers des rancunes profondément enfouies dans les mémoires des habitants et qui se réveillent avec l’excès de boisson. Parfois il suffit d’une réflexion déplacée, d’un mot qui évoque le comportement d’une mère ou d’une sœur pour que la discussion s’enflamme et que la bagarre se déclenche à coups de tessons de bouteilles…

Il y a les casaniers qui boivent seuls ou en compagnie d’amis. Ils sont discrets, peu bavards et ils accompagnent leur apéro avec de la musique douce et une lumière tamisée. Ils mangent de petits plats patiemment préparés par une épouse attentionnée et à l’esprit large. Des artistes comme on n’en fait plus.

Mais le plus grave, c’est que de jeunes automobilistes se permettent de rouler en buvant et de jeter les canettes vides sur les routes. Un responsable a assuré récemment que des milliers de canettes vides étaient ramassées par les éboueurs sur les routes chaque week-end. Un comportement dangereux pour eux-mêmes et pour les autres conducteurs, qui partent en famille afin de décompresser un peu dans un hôtel ou auprès de leurs parents et amis.

Samedi dernier, un jeune automobiliste inconscient a jeté sa canette de bière par la fenêtre de son véhicule qui roulait à plus de 100 à l’heure, sans faire attention au motard qui arrivait derrière lui. Malgré le geste désespéré du brave motocycliste, il a reçu le projectile sur la tête. Il était bien frappé le motard ! Beaucoup plus que la bière…

Alors un conseil en cette saison estivale agitée : freinez avant de devenir une statistique !