Femmes fabuleuses…

Femmes fabuleuses…

La légende dit que la Tunisie a été fondée par Elyssa. Depuis cette lointaine époque, de nombreuses femmes se sont illustrées de diverses manières. Et si les  tunisiens ont appris leurs noms, peu connaissent leur action, leur légende…


Au début, il y a eu Elyssa ou reine Didon, qui signifie ''femme courageuse'', une princesse phénicienne fille du roi de Tyr qui a fondé Carthage, la cité punique qui a conquis le bassin de la Méditerranée.

Elle a passé un accord avec le roi berbère en lui demandant de lui donner une terre de la superficie d’une peau de bœuf qu’elle découpa en fines lanières et qu’elle mit bout à bout afin de délimiter l’emplacement de la ville.


Puis vint Sophonisbe, fille du général carthaginois Hasdrubal Gisco. Elle était réputée pour sa beauté légendaire et elle sera à l’origine de la coalition entre Carthaginois et Numides en épousant le roi Syphax.


 La Kahena, sage et stratège, est une reine guerrière berbère qui unifia les tribus amazigh pour contrer les invasions islamiques. Elle gagna deux batailles face aux musulmans et réussit à régner sur toute l’Ifriqiya pendant cinq ans.


A l’époque sanhajite, on trouve Jazia El Hilalia connue pour sa beauté légendaire mais aussi pour ses qualités de cavalière et de guerrière. Elle a conquis l’Ifriqiya sur ordre des Fatimides et elle s’est sacrifiée avec son mari et ses enfants pour sauver sa tribu.
Saïda El Manoubia, de son vrai nom Aicha Manoubia, est la fille du cheikh Abou Moussa Imran Ibn SouleimanManoubi. Dès son jeune âge elle montre un intérêt pour les textes islamiques.

Elle sera l’élève des deux érudits soufis Abou Saïd El Beji et BelhassenChedly, deux des plus importants marabouts de Tunis et banlieue. Elle était connue pour sa charité auprès des pauvres et des plus défavorisés, alors qu’elle était elle-même dans le besoin.


Aziza Othmana, petite fille du Sultan Othman Dey et épouse de Hamouda Pacha, est une princesse tunisienne au grand cœur. Elle affranchissait les esclaves et les prisonniers de guerre, offrant la totalité de ses biens au profit d’œuvres caritatives et participant au financement de l’hôpital Aziza Othmana.


Plus près de nous, on trouve Bchira Ben Mrad, fille du Cheikh Mohamed Salah Ben Mrad et petite fille du Mufti de Tunis Hmida Ben Mrad. C’est une militante féministe qui a fondé l’Union Musulmane des Femmes de Tunisie (UMFT), première organisation féminine tunisienne qui permit aux femmes d’être actives au sein du mouvement national.


Autre  militante féministe : Radhia Haddad, qui participa activement au mouvement national contre le protectorat français. Après l’Indépendance, elle devient l’une des premières femmes parlementaires en Afrique et dans le monde arabe. Elle préside par la suite l’Union Nationale des Femmes de Tunisie (UNFT) au sein de laquelle elle milite pour l’alphabétisation des femmes et pour leur droit au travail afin d’assurer leur autonomie financière.


Ce ne sont là que quelques unes de ces femmes courageuses, mais la Tunisie compte bien d’autres figures qui ont fait son identité et qui ont continué à œuvrer pour que les femmes de ce pays restent toujours debout et fières.

Le combat de ces femmes doit se poursuivre avec les jeunes générations, afin de faire face aux mentalités obscurantistes d'une partie de la société tunisienne, influencée par la montée du Wahabisme, qui est loin de notre vision de l'Islam.