Drogue, violence et harcèlement...

Drogue, violence et harcèlement...

Qu’est-ce qu’elles sont belles nos écoles, depuis quelques années ! Entre drogue, violence et harcèlement, les jeunes sont entre de bonnes mains : celles de puissances diaboliques !


L’information la plus récente a étonné, voire choqué bon nombre de Tunisiens, notamment les parents : le taux de drogués dans nos écoles atteint près de 10% des élèves ! Près de 80% des adeptes de la fumette et autres drogues sont des garçons, contre plus de 20% des jeunes lycéennes.

Et la question qui se pose c’est : comment en est-on arrivé là ? Et pourquoi ?

Il fut un temps où l’école était un lieu de connaissance et de culture, qui préparait les jeunes à la vie active. Mais le régime de Ben Ali a « clochardisé » l’école en distribuant des diplômes au rabais, sans réelles compétences et sans niveau. C’était une façon de museler la jeunesse et de renvoyer les problèmes à des lendemains qui se voulaient meilleurs et qui se sont révélés vengeurs…  

Quant à savoir pourquoi cette jeune génération plonge dans la drogue, s’adonne à la violence et pratique le harcèlement, il y a d’abord l’envie de faire comme les autres et de s’en vanter, celle d’essayer quelque chose de mystérieux,  la curiosité, l’évasion et la bêtise. Car l’adolescence est une période de découvertes plus ou moins dangereuses et un moment où on a besoin d’intégrer un groupe.

On cherche alors à fuir les difficultés et les problèmes, en s’évadant dans des extrêmes, comme les drogues et l’agressivité. Or au fil du temps, il y a l’addiction qui s’installe, avec une vision du monde trop brouillée pour être logique, d’où cette violence aveugle et absurde que l’on constate dans certains faits divers.

Le plus grave c’est que près de 20% des élèves interrogés reconnaissent qu’ils s’approvisionnent à l'intérieur de leur établissement éducatif, tandis que plus de  30% disent qu’ils trouvent leurs doses à l'extérieur, souvent dans leur propre quartier. Pire encore, on a découvert que la « Zatla » (cannabis), qui était la substance la plus consommée chez les adolescents est en train d’être remplacée par d'autres drogues synthétiques, comme « l'ecstasy ».

Face à ce phénomène, les responsables du secteur de la santé proposent l'ouverture de centres de désintoxication, alors qu’il faut s’attaquer au problème en amont et non après avoir subi tous ces dégâts. L'augmentation des crimes liés à l'usage de ces drogues est en pleine expansion et ce ne sont pas quelques replâtrages qui vont résoudre le problème.

Et puis il y a le rôle de la famille qu’il ne faut pas négliger. Il y a l’encadrement de ces jeunes en milieu scolaire qu’il faut renforcer. Il faut leur proposer des activités culturelles, sportives ou scientifiques pour les éloigner de ce chemin tortueux qui ne mène qu’à la destruction et à la mort. Leurs ainés avaient des « Clubs Jeunes Sciences », des « Cinés Clubs », des associations sportives, en plus du scoutisme ou des actions de volontariat…

Tout cela a disparu, laissant un vide qui mène tout droit vers des activités destructrices qui sont en train de ravager toute une génération…