Crimes, vols, agressions : la violence est en nous…

Crimes, vols, agressions : la violence est en nous…

Les crimes se suivent et se ressemblent en Tunisie face au laisser aller général qui caractérise cette période de notre histoire. Et la question qui se pose dès lors est de savoir pourquoi en est-on arrivés là et surtout comment s’en sortir ?
 


Il y a d’abord l’effondrement complet de la morale, du respect de l’autre et d’un laisser-aller général, à tous les niveaux de la société. Une situation qui résulte aussi du manque de responsabilité qui caractérise une partie de nos concitoyens depuis la révolution.

Les énergumènes qui commettent ces actes estiment que l’on peut gagner de l’argent sans se fatiguer, grâce à des braquages, des vols à l’arraché ou par effraction.


Des agressions qui laissent des séquelles chez les victimes, quand ce n’est pas leur vie qu’ils perdent pour un mot de trop ou pour défendre leur honneur. L'effondrement de l'éthique est aussi le résultat d’un système éducatif branlant, qui ne respecte plus les enseignants, où des élèves et même des parents se permettent d’agresser les professeurs et les directeurs d’école.


Il y a aussi le corps médical qui paye un lourd tribut à cette société violente, alors que les médecins et les infirmiers sont là pour soulager la douleur et sauver des vies. Les conducteurs de bus, de métro ou de train sont également agressés tous les jours par de jeunes voyous sans foi ni loi, qui prennent ces véhicules pour des espaces de jeu et qui détériorent le matériel gratuitement et en toute impunité…
Certains diront que cette situation est le résultat de la crise économique et sociale qui secoue la Tunisie depuis la révolution. Mais la vérité est ailleurs, car on peut être pauvre et honnête. On peut être dans le besoin et ne pas voler.

Il s’agit en réalité d’une crise morale profonde qui résulte de ce phénomène incontrôlable qui a pour nom les trafics en tous genres, la contrebande aux frontières, l’augmentation exponentielle des prix occasionnée par de nombreux intermédiaires sans scrupules.
Ce qui encourage tous ces individus à faire usage de violence sous toutes ses formes, c’est l’impunité dont ils bénéficient dans une majorité de cas, soit grâce à leur appartenance à un clan, ou parce qu’ils savent partager leurs bénéfices avec les personnes adéquates.

La victime est évidemment le bon peuple, celui qui n’a pas accès aux bénéfices de la contrebande et des trafics ou qui n’a pas de pistons.


Pour freiner ces phénomènes de violence physique, morale et économique, il faudrait que la justice soit appliquée avec beaucoup plus de sévérité et que tout citoyen se sente protégé par la loi et puisse bénéficier de ses droits. Car rien ne compense la douleur d’un parent qui perd son fils unique et rien ne compense la précarité d’un citoyen qui n’a plus les moyens de nourrir sa famille à cause des spéculateurs qui profitent de leur position pour s’enrichir…

Pour que la Tunisie aille mieux, il faudrait redresser la courbe du chômage, créer des richesses, les distribuer équitablement, réduire les inégalités sociales et régionales, créer des emplois par milliers, freiner l’inflation, améliorer les conditions de vie de plus démunis, travailler plus et mieux, restaurer la confiance des investisseurs…
Autant dire que l’on n’est pas sorti de l’auberge !