Boissons trafiquées…

Boissons trafiquées…

La frénésie alimentaire liée à la chaleur caniculaire de l’été touche les boissons gazeuses, qui du coup voient leur qualité baisser et leur prix augmenter. Mais ce que l’on constate surtout, c’est l’apparition de boissons bizarres qui envahissent le marché parallèle.


En effet, un petit tour dans les marchés improvisés et sur les étals branlants des marchands ambulants nous a fait découvrir des boissons aussi étrangères qu’étranges, avec des noms inconnus, des couleurs douteuses. Quant à leur goût, il est dominé par des  odeurs de laboratoire chimique…

Les noms bizarres ont tous des airs d’onomatopées, de petits bruitages plus ou moins sympathiques. Les prix de ces boissons défient toute concurrence : entre 700 millimes et un Dinar la bouteille d’un litre, ce qui semble attirer les consommateurs les plus modestes, souvent peu au fait des règlements d’hygiène. Ils ne savent pas qu’ils achètent du sucre dissout dans de l’eau, à laquelle on a ajouté des colorants et des substances de conservation qui pourraient être dangereuses pour leur santé et celle de leurs enfants.

Car les couleurs de ces boissons vendues en dehors des circuits habituels sont assez étranges. Il y a un liquide rouge pourpre, légèrement transparent, qui a un petit air artificiel assez inquiétant, des bouteilles de couleur jaune qui rappellent la citronnade, toujours avec cet air chimique. Il y aussi un vert étrange et un liquide transparent au contenu indéfini…

Et la grande question est : comment ces boissons sont arrivées sur le marché parallèle ? Pourquoi sont-elles écoulées sans aucun contrôle et sans que l’on sache leur composition ? Et surtout, quels sont les effets de ces boissons sur la santé des consommateurs, en particulier les enfants, les personnes âgées ou souffrant de diabète ou encore sur les femmes enceintes ?

Certes les associations de défense des consommateurs publient chaque année des recommandations et des conseils de prudence contre ces produits de consommation d’origine inconnue et aux composants incertains, mais cet effort louable n’est pas suffisant. Il faut également dénoncer les importateurs de ces  boissons qui mettent en danger la santé des tunisiens.

Et surtout ne vous risquez pas à poser des questions aux marchands ambulants.  Leurs mines patibulaires n’augurent rien de bon en ces temps où l’insécurité est devenue la norme pour les enquêteurs et les journalistes. A la moindre question gênante, les visages se ferment et l’agressivité devient manifeste.

Selon certaines sources, des camionnettes ramènent ces boissons des frontières où  elles sont réceptionnées de nuit et payées cash. Un trafic de marchandises qui entrent clandestinement sur le territoire tunisien et qui ne subissent aucun contrôle au niveau des douanes et des services de santé, bien qu’elles puissent potentiellement provoquer de graves problèmes de santé publique…

Notons enfin que ces boissons sont d’autant plus dangereuses qu’elles sont souvent exposées au soleil sans aucune précaution, manipulées sans soin. Le pire, c’est qu’aucun contrôle n’est effectué sur ce secteur, comme on le fait pour la nourriture.

Quand donc les autorités de tutelle se réveilleront-elles ? Au bout de combien d’hospitalisations ? De combien de décès ?