Sur fond de soutien au gouvernement Chahed, du rififi à Ennahdha (photo)

Sur fond de soutien au gouvernement Chahed, du rififi à Ennahdha (photo)

Des luttes sourdes commencent à faire surface au mouvement Ennahdha, sur fond de crise politique et de divergences sur la question du soutien au gouvernement Youssef Chahed face au poids des autres acteurs politiques et parties prenantes nationales signataires du Pacte de Carthage.

Le soutien du mouvement Ennahdha à Chahed et son attachement au maintien de son gouvernement, dans un contexte de recul économique et social et de relâchement administratif ont altéré l’harmonie habituelle affichée par ses dirigeants. Ils ont surtout exacerbé certaines querelles partisanes internes, désormais visibles. Ennahdha paraissait pourtant l’un des rares partis capables de mettre en sourdine ses divergences internes et de régler ses problèmes en interne, loin des regards indiscrets.

La pierre dans la mare, c’est Sayyid Ferjani qui vient de la jeter. Ce membre du bureau politique accuse explicitement son camarade à Ennahdha Houcine Jaziri de délation et de vindicte contre d’autres dirigeants du parti : ‘’Puisse Dieu nous préserver de quelqu’un dont le prénom est dérivé de Hassan et qui pratique la délation contre son mouvement et contre ses camarades. Celui là leur attribue même des faits fabriqués de toutes pièces et les désigne à la vidicte pour des intérêts étroits, voire indignes’’.

Ce sont les propres termes de Ferjani dans un statut qu’il a posté mercredi 8 août 2018 sur sa page Facebook personnelle. ‘’Il (Houcine Jaziri, sans le citer nommément) donne à croire que le différend oppose deux personnes et que quiconque le contredit serait malade et hostile au chef du gouvernement et à son équipe. Le fait est tout autre. Il s’agit fondamentalement de la préservation de la solidité de l’unité de l’Etat et de ses composantes. Je ne suis contre aucun responsable à la Présidence ou au gouvernement. Mais j’estime catastrophique de continuer à diviser l’Etat, de haut en bas, au point de laisser ses organes s’entredéchirer ou d’en faire un instrument docile entre les mains de tout premier responsable au service de ses convictions et de ses ambitions même quand elles ne sont pas en harmonie avec l’unité et la sécurité de l’Etat tunisien’’.

Cet échange indirect et peu amène fait apparaître ‘’l’opposition’’ de certains dirigeants du mouvement Ennahdha au soutien apporté par le parti au maintien du chef du gouvernement dans ses fonctions. Ce soutien ne fait manifestement pas l’unanimité de ses dirigeants. Sonne-t-il pour autant le glas de l’harmonie en son sein ? Les jours vont le dire.

Seul contre tous les autres signataires de Pacte de Carthage, le mouvement Ennahdha soutient mordicus le maintien du gouvernement Chahed. Certains de ses dirigeants sont même devenus très proches de la Kasbah, dans le cadre de ce qui semblerait être ‘’une alliance d’étape’’ entre les deux parties…

Qu’adviendra-t-il des divergences désormais affichées en son sein ?