Amine Mahfoudh : La proportionnelle aux élections, c’est ‘’non pouvoir’’

Amine Mahfoudh : La proportionnelle aux élections, c’est ‘’non pouvoir’’

Invité de l’émission ‘’Het Esshih’’ sur la chaîne Nessma, mercredi 21 mars 2018, le constitutionnaliste Amine Mahfoudh a développé ses vues sur les moyens juridiques de mettre en œuvre la proposition du président de la République en faveur de la modification de la loi électorale. Sachant qu’il est l’un des quatre experts signataires de la tribune dans laquelle le changement de mode de scrutin avait été proposé comme solution incontournable pour faire sortir le pays de la crise.

Selon lui, la démocratie ne peut réussir que dans un environnement culturel favorable. Or, a-t-il constaté, ‘’l’environnement culturel en Tunisie ne s’y prête pas encore. La démocratie, étant à ses premiers pas, peut avoir des ratés, ce qui est normal’’.

Pour l’invité de ‘’Het Esshih’’, l’initiative relative à la modification de la loi électorale procède de la volonté d’amener l’électeur à prendre conscience de l’importance de son rôle dans l’opération électorale et de l’amener à exercer son droit de choisir sur la base de la visibilité des programmes des partis.

Pour Amine Mahfoudh la proportionnelle prescrite par l’actuelle loi électorale permet à des mouvements populistes et à des programmes incohérents d’exister, outre qu’il permet à n’importe qui d’être tête de liste. La proportionnelle, a-t-il dit, n’est rien d’autre que ‘’le système de non pouvoir’’, indiquant que l’objectif de la modification de la loi électorale est de susciter une compétition entre les partis mais que ‘’sa concrétisation demande du temps’’.

Dans le système de la proportionnelle, a ajouté Mahfoudh, l’opposition ne rien donner parce que réduite à la portion congrue, contrairement à ce qu’elle pourrait faire dans un système de scrutin direct.

Le Document de Carthage montre les limites du système politique actuel. Les vrais détenteurs du pouvoir de décision élus par le peuple, à savoir le parlement et le président de la République, sont contraints d’associer des parties non mandatées par le peuple, a-t-il conclu, en référence à l’UGTT et à l’UTICA.